
Je pense qu'il serait trop facile pour moi de dire que c'était une splendide aventure... Pourtant, il est encore plus simple de dire qu'il n'y a pas plus sensationnel.
Ce que je viens de vivre est inégalé, jamais la fiction ne m'a autant fait voyager. Depuis un endroit modeste, mon lit, j'ai assisté... Non, j'ai touché à la substance de cette aventure éthérée. J'ai ressenti l'intégralité de ces 28 épisodes comme une marche constante sur la Compté dans la Terre du Milieu. J'ai regardé et lu de nombreuses fantasy, et je dois dire que je n'ai jamais vu une œuvre retransmettre ne serait-ce qu'un peu cette délicatesse des travaux de Tolkien.
C'est probablement pour ce genre d'œuvre, ce type d'expérience, cette espèce d'aventure que je n'ai jamais rompu mon amour pour la fiction. Et je ne le ferai jamais. Parfois, une fois en plusieurs années, un chef d'œuvre aura l'audace d'atteindre mon cœur jusqu'au point de me faire vivre un rêve éveillé, m'offrant un nouveau motif pour la vie de tous les jours. Je ne parle du fameux :
C'est ce qu'Himmel le Héro aurait fait.
Je parle d'une tout autre chose. Cette amour que porte Frieren pour la magie, pour ses caractéristiques les plus basiques, les plus triviales. C'est absolument fascinant, moi qui aime la magie dans un monde où elle n'existe pas, je ne pense l'aimer à ce point dans un univers où l'occulte serait une vérité physique. Cette obsession m'obsède, elle me fait frissonner et me donne de l'espoir et du courage. Cela me rappelle mon amour pour mes études, où du moins ce que j'aimerai en faire, comment je dois m'y prendre. Cette obsession que j'ai à apprendre toujours ces kanji affreusement durs et inutiles, c'est ça la vraie passion.
La beauté de Frieren ce sont ces paysages vert pastel, ce ciel d'un cyan pur et ces personnages tous autant attachants les uns que les autres. Comment ne pas aimer Stark, celui qui n'abandonne jamais malgré sa peur et son caractère assez vulnérable. Comment ne pas adorer Fern, qui est la source de cette vulnérabilité chez Stark mais aussi un personnage absolument et singulièrement magnifique. Et enfin, comment ne pas chérir Frieren et tous ses souvenirs qu'elle apprends à embrasser au fil de son voyage. Ce petit sourire qu'elle arbore quand elle observe ses proches prendre du plaisir, quand quelque chose lui rappelle Himmel et son groupe. Elle n'est pas un archétype, elle est unique. Voir un mage être illustré ainsi malgré sa puissance quasiment inégalée, évitant de sorte tous les tropes redondant de la fantasy moderne, c'est rassurant. La fantasy pure ne s'est pas encore perdue dans le temps.
Cette balade poétique mêlée à cette bande sonore composée par Evan Call me rappelle la tendresse de Violet Evergarden. Une œuvre qui sans vraiment l'être, paraît être une fantasy. Une héroïne qui vagabonde, rentrant en contact avec des âme égaré, cherchant à comprendre leur tourment les plus profonds pour les transmettre à travers une lettre. C'est propre à Violet et aucun autre écrit ne peut prétendre à faire la même chose. Mais cette façon de raconter ce voyage, de raconter ces histoires du présent par les souvenirs du passé c'est quelque chose que fait aussi Frieren, que fait même parfaitement Frieren.
L'histoire ne peut pas plaire à tout le monde, mais c'est au moins être humain que de reconnaître la qualité et la beauté de ce conte.